City Fall, le bilan


Dès son annonce, les attentes autour de City Fall étaient énormes pour plusieurs raisons. Avec un tel nom, on pense immédiatement à un des arcs les plus emblématiques des Teenage Mutant Ninja Turtles de Mirage paru en 1992, City at War. City Fall est d’ailleurs la fusion de deux projets d’arcs qui se nommaient Dark Son et City at War comme le révélait Mateus Santolouco dans une interview. L’arrivée du dessinateur brésilien était également un événement. Après avoir brillé sur la mini série The Secret History of the Foot Clan, la possibilité de le voir s’attaquer sur l’ongoing avait ravi les fans. Enfin, il s’agissait du premier gros event des TMNT d’IDW, deux ans après son lancement. Les attentes étaient donc élevées, le résultat est au dessus de toutes les espérances.

City Fall

Après deux ans d’ongoing, City Fall va redisribuer les cartes sur ce grand échiquier qu’est New York, où de nombreuses factions s’affrontent. Plus que les 7 numéros de la série siglés City Fall, en comptant les Micro Series Villains ce sont 13 singles entourent cet évènement. Treize singles, comme City at War. Ce sont bel et bien 2 ans de continuité, avec toutes les mini- et micro-séries qui sont utilisés et servent de base solide à l’event. On pourrait ainsi considérer l’excellent The Secret History of the Foot Clan comme un prologue. Mais rassurez-vous, vous n’avez pas besoin d’avoir tout lu pour profiter pleinement de City Fall, qui reste accessible aux nouveaux lecteurs. Tout comme l’arc se suffit à lui-même, les Villains sont de très bons compléments permettant d’approfondir des éléments mais ne sont pas indispensables. Mais vous aurez tout simplement envie de découvrir ces deux années de Tortues afin de pouvoir saisir chaque référence, chaque rappel, qui donnent un corps encore plus important au récit. Rien n’est laissé au hasard. Des simples détails distillés jusque là trouvent ici un écho. La présence de Beebop et Rocksteady est ainsi annoncé depuis la première Micro Series sur Raphael sorti fin 2011. Il est important de construire un univers cohérent avec des fondations solides : Tom WaltzKevin Eastman et Bobby Curnow montrent vraiment dans City Fall qu’ils ne sont pas que des bons raconteurs d’histoires, mais d’excellents architectes ne laissant rien au hasard. On connait leur amour pour les Tortues et leur univers, ici parfaitement retranscrit.

Lors du premier affrontement entre les Teenage Mutant Ninja Turtles et Shredder, ce dernier avait noté le potentiel de Leonardo et souhaitait en faire son chunin au détriment de Karai. Suite aux événements de The Secret History of the Foot Clan, Shredder possède une alliée supplémentaire en la personne de Kitsune, magicienne venue d’un autre temps. Son plan allait alors se réaliser en deux partie : fragiliser ses ennemis en récupérant Leonardo auprès de lui, et prendre le contrôle de New York. Pour ce faire, il attaque la fratrie indirectement en s’en prenant à Casey Jones, puis en profitant de l’affrontement qui suit pour enlever Leo et le manipuler afin qu’il rejoigne les rangs des Foot.  Les tortues restantes sont donc divisées, affaiblies, mais vont devoir tout faire pour sauver leur aînée.

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Ne vous attendez pas à une simple confrontation Foot Clan contre les TMNT, il y a pour cela l’arc Sins of the Father. La plus grande force de ce récit est richesse. Comme expliqué en introduction, City Fall est le résultat de deux projets d’arc : Dark Son et City at War. Dark Son racontera l’emprise de Shredder sur Leonardo qui le fera changer de camp, tandis que la ville de New York sera en parallèle le théâtre d’une véritable guerre des Gangs menée par le Foot Clan afin d’y assoir sa suprématie. Le reste de la fratrie mené par Splinter sera concentré son l’unique objectif de récupérer leur leader, mais sera indirectement impacté par cette guerre et toutes les autres intrigues : le père de Casey Jones qui reprend le commandement des Purple Dragons sous son ancien nom de Hun avec l’aide de Shredder, Angel qui perdra ainsi ses alliés et se rangera uniquement du côté des Tortues, les Savates menés par Victor qui seront les derniers à tenir tête aux Foots, Old Hob et Slash qui voudront prendre part à cet affrontement, la place de Karai au sein de son clan qui sera fragilisée par l’arrivée de Leo, la prise de conscience d’Alopex, etc… La relative complexité des jeux d’alliances ainsi que les états d’âme de chacun des personnages se greffent autour de la trame avec une grande cohérence et fluidité.

Côté Tortues, la perte de Leonardo affecte chaque membre de la famille de manière différente. Leur personnalité propre en ressort d’autant plus, autant dans l’écriture que dans les dessins de Mateus Santolouco que l’on retrouve avec plaisir après son travail sur The Secret History of the Foot Clan. Il sublime vraiment les tortues de son style, arrivant à leur donner une vraie identité et donne corps à ce récit épique. Ses décors fourmillent de détails, ses scènes d’actions prennent vie et on se délecte de l’émotion qu’il parvient à transmettre. Le retour tant attendu de Beebop et Rocksteady est des plus réussis, avec un design fait par le brésilien combinant l’aspect nostalgie et modernité. La Micro Series qui leur est consacrée, en plus de revenir sur leur origine, faire transparaître le caractère qu’on leur connaît, et qui transparait tout de même quand on prend l’ongoing seule. En (re)découvrant ces deux mutantset  leur mutation, vous aurez sûrement ce petit sourire bête comme quand vous aviez 10 ans et une envie de hurler « ils sont de retour !

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Tout n’est pas parfait non plus. Réussir un sans-faute aurait de toute façon été compliqué. On peut surtout mettre un gros bémol sur le traitement de Karai, sans réel surprise du début à la fin. Elle a un petit moment de gloire lors d’un affrontement avec Leo, sert à l’introduction de Beebop et Rocksteady, mais cela s’arrête malheureusement là. L’aspect épique et guerre urbaine ne transparait pas autant qu’on pourrait l’espérer et on se concentre plus sur Dark Son. La ville passe finalement au second plan avec des Tortues très en retrait orphelines de leur leader. La situation évolue, mais sans que l’on arrive à se projeter dans les grands desseins concernant la Big Apple. A réussir la personnalisation et le développement de tous les personnages, on en perd un peu en vue d’ensemble mais paradoxalement sans que cela gène l’intérêt et la cohérence de l’arc en général. Un autre fait important était le retour de Dan Duncan au dessin pour les TMNT, sur la Micro Series Villain Shredder, épilogue de City War. Malheureusement, ce single est la grosse déception. L’attente était peut être trop importante pour cette micro consacrée au nemesis des tortues. Paul Allor, qui va officier sur la prochaine mini-série Ulton Empire, n’arrive pas à convaincre et c’est bien dommage.

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Même si la qualité était au rendez depuis deux ans, l’enchainement des petites histoires aurait pu lasser à terme. Un évènement tel que City Fall, permettant d’établir un statu-quo différent, est le bienvenu, d’autant plus qu’il est réussi en tous points. Les conséquences seront belles et bien présentes, la fratrie ne pourra sortir indemne de la traitrise temporaire de Leonardo. Celui-ci sera bien évidemment le premier marqué et l’ultime planche montre bien les difficultés que lui et ses frères vont rencontrer dans la suite, qui sera un énorme clin d’oeil pour les fans originels. City Fall réalise un quasi sans faute, ravira les fans comme les novices, et peut servir de point d’entrée parfait dans l’univers TMNT. Et pour les amateurs, ouvrez l’oeil, quelques pistes pour la suite ont été distillées dans toutes les planches…

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