TMNT 30th Anniversary Special, la review 1


Pendant que Batman fête ses 75 ans en grande pompe médiatique avec de nombreuses éditions spéciales en France par Urban Comics, les trente ans des Teenage Mutant Ninja Turtles sont passés un peu plus inaperçus. Plusieurs ouvrages sortent néanmoins pour profiter l’occasion, notamment The Ultimate Visual History qui aura le droit à une traduction chez Huginn Muninn. IDW, l’éditeur américain actuel des comics Tortues Ninja, souhaitait également marqué le coup avec un numéro spécial proposant un casting all star, TMNT 30th Anniversary Special.

TMNT Anniversary

Preview

Liste des couvertures

Cinq histoires, cinq équipes créatives, pour couvrir les cinq TMNT-verses qui ont existés en comics. Ce numéro se voulait exceptionnel vu les grands noms qui participaient. Chaque scénariste, dessinateur, a marqué son époque dans des histoires de 7 pages. Sept petites pages, cela fait très court pour résumer des volumes de Tortues Ninja qui ont duré plusieurs années. Ce numéro devait être, et finalement on se retrouve avec mini-TPB qui semble fait uniquement pour les fans et très peu accessible.

Du côté des bons points, le travail éditorial est très bon. Dès les premières pages, l’histoire de la création des Teenage Mutant Ninja Turtles est rappelée, si jamais elle vous était inconnue. Les premiers visuels ainsi que les premières affiches des conventions durant lesquelles Kevin Eastman et Peter Laird ont vendu leur bébé pour la première fois viennent agrémenter cette présentation. Avec chaque histoire, on nous offre un petit rappel historique du contexte des plus appréciables permettant de mieux situer les récits ainsi que les équipes créatives. Les pin-ups sont des plus réussis et font la part belle à des artistes qui auraient pu participer aux différentes histoires. Ainsi, Ross Campbell nous gratifie d’une sublime Alopex dans son style qui a séduit tout un lectorat et nous montre encore une fois son affection pour le personnage. Maintenant, passons aux choses qui fâchent et aux récits.


Anniversary

Kevin Eastman ouvre logiquement le bal, mais avec un manque cruel d’inspiration. Si du côté graphique, c’est tout ce que l’on peut attendre du co-créateur des TMNT, voir pendant 5 pages Michelangelo sauter de toit en toit, on a connu plus intéressant. Le but d’une telle course étant un pari pour éviter de faire la vaisselle. Est-ce vraiment représentatif de la première période Mirage qui était très sombre et voyait les Tortues découper les méchants avec des éclaboussures de sang. On était vraiment loin de la répartition des tâches ménagères. En si peu de pages, il était difficile de tisser une grosse intrigue, mais s’écarter autant du matériel originel, cela en serait presque triste. Espérons qu’Eastman soit plus inspiré pour son second Annual. Si le dessin est toujours un régal pour ceux qui apprécient son style (ce qui n’est pas le cas de tout le monde et c’est compréhensible), le lettrage aurait mérité un peu plus de soin.

Dean Clarrain et Chris Allan se chargent du TMNT Adventures d’Archie, le comic-book adapté de la série adaptée du comic-book. Si cela peut paraître bizarre énoncé comme tel, ce fût une très belle période et les qualités du Volume 2 sont reconnues d’une grande majorité. Non seulement il parle à de nombreuses personnes qui ont pu découvrir les Tortues avec le dessin animée avec un style graphique colorée proche, mais surtout car c’était bien écrit. Ce qu’on nous propose ici est un parfait aperçu des TMNT Adventures, simple, décomplexé rempli de références.  En plus de nos tortues, on peut même voir Bebop et Rocksteady dans une situation assez inhabituelle, ainsi que Ninjara. Du fanservice, avec une bonne pique pour rappeler que le mutagène est d’origine Alien, pour les détracteurs qui ne l’ont pas encore compris.

S’en suit Gary Carlson et Frank Fosco pour représenter la période Image, sans aucun doute la version la plus décriée et loin de ce que l’on pourrait imaginer en lisant des Tortues Ninja. Raphael est borgne, Donatello est un cyborg après s’être fait biser la colonne vertébrale, Leonardo a perdu une main, et Mikey est auteur. Le décor est posé, de quoi lancer de longs débats sur le plus ridicule dans les situations de chaque membre de la fratrie. Néanmoins, on retrouve ici l’ennemi des tortues de leur tout premier numéro du troisième volume, afin de boucler la boucle, dans un petit récit en couleur pas des plus ridicules (surtout quand on compare à l’intégralité de ce volume). Cela reste en tout cas bien plus intéressant que ce que nous propose Eastman.

Le quatrième volume marquait le retour chez Mirage avec Jim Lawson et Steve Lavigne, deux artistes des plus marquants ayant travaillé sur les Tortues Ninja. Loin d’être une histoire anecdotique les deux compères arrivent en quelques pages à ramener un questionnement récurrent et légitime chez Leonardo : leur place dans un monde qui ne les reconnait pas en tant que héros, et qui ne pourra jamais comprendre et accepter l’existence de Tortues mutantes. C’est une constante dans l’univers TMNT, mais qui mérite d’être rappelée et appuyée. Un cinquième personnage assez méconnu mais tout autant important fait d’ailleurs une apparition remarquée.

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On termine enfin avec Dan Duncan de retour sous la plume de Tom Waltz et Bobby Curnow, s’impliquant de plus en plus dans l’aspect créatif du cinquième volume en cours chez IDW. Il est aisé de comprendre que ce récit se situe entre le quatrième et cinquième numéro de l’actuel ongoing, avec une tribu réunie intégralement depuis peu. Comme on peut s’y attendre pour une histoire se déroulant à cette période, Raphael n’a pas encore trouvé sa place auprès des autres autant dans la vue qu’au combat. Il retrouve donc son camarade Casey, pour se rendre compte de l’importance de la famille, un thème récurrent dans le volume 5 des TMNT. Tom Waltz a à cœur de mettre en avant les valeurs familiales, que ce soit du côté des Tortues ou de leurs adversaires.

Les craintes que l’on pouvait avoir se sont justifiées à la lecture : résumer des années de chaque volume en 7 pages est un exercice des plus complexes. Si pour quatre d’entre eux, l’ambiance propre de chaque volume est parfaitement retranscrite, on ne pourra être que déçu que le raté soit celui de Kevin Eastman. Les pinups sont vraiment réussies et permettent encore de voir la diversité des looks des Tortues Ninja en fonction de la vision de l’artiste. Et comme un symbole, en fermant le livre, on découvre la quatrième de couverture de Mateus Santolouco, après l’avoir ouvert par une couverture de Kevin Eastman et Peter Laird.

 

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