TMNT Infestation 2 d’IDW, la review


On parle beaucoup des crossovers de DC et de Marvel, avec notamment Avengers VS X-Men qui trust une bonne partie de l’info. IDW n’est pas en reste puisqu’il propose Infestation 2, qui implique de nombre de ses titres : GI Joe, D&D, Transformers, 30 Days of Night, et bien évidemment un de ses nouveaux titres phares depuis la nouvelle ongoing, Teenage Mutant Ninja Turtles. Sans aucune attente particulière à l’achat, petit retour sur cette mini-série en deux épisodes. La lecture a été faite indépendamment de toutes les autres séries concernées par Infestation.

Infestation 2 TMNT 1 Cover Ramondelli

Guide des couvertures d’Infestation 2 TMNT #1

Guide des couvertures d’Infestation 2 TMNT #2

Prendre une mini-série sans suivre le reste de l’event peut être dérangeant et on peut se retrouver rapidement perdu par le fil des événements. Dans le cas présent, ce n’est pas le cas. Dès le départ et très rapidement, l’histoire est posée et la manière dont les tortues vont être impliquées. Des événements occultes et disparitions frappent New York City et s’enfoncent dans les égouts, terre d’accueil de nos quatre ninjas. En scientifique aiguisée, Donatello mène son enquête qui va les conduire dans les profondeurs du réseau souterrain qui leur semblait pourtant bien connu. Mais ils vont rapidement voir qu’ils sont loin de tous les connaître, et tomber sur des tunnels inconnus et des bêtes étranges. Le combat est inévitable et Leonardo se fait rapidement capturer pour servir de nourriture à une créature gigantesque, Shub Niggurath, qui habituellement se contente d’humains. Un éboulement des galeries laisse Don seul avec son désarroi pour une dernière planche du premier numéro assez intense.

Infestation prend ses racines dans la mythologie Lovecraftienne et dans le mythe de Cthulhu. Une grande connaissance de la littérature d’un des maîtres du fantastique n’est pas nécessaire. Tout le récit se déroule de manière très intuitive, et ce sont vraiment les tortues qui sont mises en avant. Un plus grand connaisseur trouvera bien plus de références bien évidemment. Les récits de H.P. Lovecraft ne sont pas les seuls à être rappelés puisque le scénariste, Tristan Jones, n’est pas un étranger dans les aventures des reptiles. Il avait déjà officié sur Tales of TMNT chez Mirage en 2004 et réussit ici brillamment l’exercice. Celui qui est également crédité sur l’actuel ongoing de Ghostbusters s’amuse à distiller par ci par là des éléments qui raviront tous les fans, comme une scène sous l’eau qui rappellera des souvenirs à tous ceux ayant joué au jeu sur NES…

L’aspect graphique fait énormément penser à du Mike Mignola sur Hellboy. Mark Torres a parfaitement saisi l’ambiance très noire du récit et Jay Fotos à la colorisation complète le tableau. La plupart des cases reste très épurée, allant à l’essentiel. On peut néanmoins regretter quelques erreurs sur les couleurs des bandeaux et principalement un violet pour Don qui tend par moment bien trop vers le bleu de Leo, entrainant une légère confusion. L’aspect des tortues n’est pas du plus bel effet dans certains angles, mais de manière générale, le titre est plaisant pour les yeux, avec notamment des décors alternant la sobriété et la simplicité avec des très détaillés.

Bien qu’il soit plus centré sur Donatello en l’absence du leader, chaque reptile ninja a son moment de gloire. Aucun des frères n’est oublié et tous participent à l’action. De plus, leur personnalité propre à chacune est très bien dépeinte autant dans le récit, les dialogues, que dans leur apparence. L’enlèvement de Leonardo a permis de montrer son importance dans le clan, tout en mettant en avant les forces des autres. De ce point de vue là, le récit réalise un sans faute.

Cette mini-série TMNT : Infestation se suffit largement à elle-même. Il n’y a aucun besoin de lire les autres titres du crossover pour la comprendre et plus important, l’apprécier. Le côté sombre du récit rappelle la série originelle dans son approche. Des personnages maitrisés, un récit à la limite de l’horrifique (qui était plus noir au début, mais Nickeleodon a dû rappelé que TMNT était également fait pour les enfants…) mais bien ancré dans le fantastique, un très bon duo artistique, des pointes d’humours : il serait vraiment dommage de passer à côté. Et je ne dis pas ça parce que ce sont des tortues.

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